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L'A.S. Cannes sanctionne ses jeunes joueurs
violents
Auteurs d'une véritable agression contre
un sapeur-pompier cannois dimanche après-midi dans le couloir
du stade Pierre-de-Coubertin, les jeunes et leur entraineur
qui a pourtant tenté d'éviter le pire, ont été exclus
Ce fut en réalité la victoire de la honte.
Dimanche en fin d'après-midi, les joueurs de 15 ans de l'AS
Cannes, évoluant dans leur Championnat de France, viennent de
battre Muret (1-0) mais, le succès est inutile. Dominés (2-0)
au match aller, ils ne disputeront pas le futur championnat de
France des 16 ans qui sera organisé la saison prochaine par la
Fédération française de football.
En regagnant leur vestiaire, les Cannois
sont passablement surexcités. Ils s'en prennent à un point feu
se trouvant dans le couloir du stade Pierre de Coubertin,
certains tapent violemment contre la porte de leur vestiaire.
Un pompier cannois, Jean-Marc Toubouriech, se trouvant devant
eux, leur demande de se calmer. C'en est trop pour le groupe
de l'entraineur Jean-Jacques Asso : les gamins se jettent
sur lui, l'homme tombe. Il se relèvera sérieusement blessé au
visage et à la hanche.
Aujourd'hui, Cannes et son centre de
formation connu et respecté dans l'Europe entière - c'est ici
en effet que furent notamment formés Zinédine Zidane, Patrick
Vieira et Johan Micoud - sont rouges de honte, de colère
aussi. Et les sanctions, l'exclusion de l'équipe et de son
entraineur, n'ont pas tardé à tomber.
Bernard Brochand : « Prendre les
sanctions les plus fermes... »
Hier, Bernard Brochand, le député maire de
la ville, ne cachait pas sa colère en affirmant
notamment : « Rien ne saurait expliquer, qualifier
ou même justifier les actes de violence auxquels se sont
livrés les jeunes stagiaires du centre de formation. J'appelle
donc, dès à présent, les responsables et les dirigeants du
centre à prendre les sanctions les plus vigoureuses et les
plus fermes pour réprimer ces actes de violences
inadmissibles... »
Il faut préciser que ce triste épisode de
sport violence a ému les plus hautes instances de l'Etat. Dans
la matinée d'hier, Jean-François Lamour - le tout nouveau
ministre des Sports - a également exigé auprès de la Direction
départementale, un rapport détaillé sur ces « incidents
de couloirs ». Emotion partagée d'ailleurs par Nicolas
Sarkosy, le ministre de l'Intérieur qui aurait, en effet,
selon certaines indiscrétions, accompli une démarche semblable
en direction d'autres services.
Cannes montrée du doigt, n'a pas mis
longtemps à réagir et à condamner.
En milieu d'après-midi, le club présidé
depuis peu de temps par Marcel Salerno annonçait dans un
communiqué - après avoir présenté ses excuses « les plus
sincères au pompier durement atteint dans sa chair... » -
« l'exclusion définitive et immédiate du club de tous les
joueurs qui formaient l'équipe des 15 ans en ce dimanche
après-midi et de leur encadrement ».
Michel Dussuyer, le directeur du centre,
cachait difficilement sa colère face à un tel acte :
« La réaction des joueurs a été hors norme, elle n'est ni
excusable, ni explicable. Je suis abasourdi devant un tel
comportement » affirmait le dirigeant cannois.
Le rapport accablant du délégué de la
rencontre
Cela dit, reste à évoquer les sanctions
sportives qui seront, dans les heures qui viennent, prononcées
par la commission de discipline de la fédération française de
football. Hier, Roger Attali, délégué désigné par les
instances fédérales pour « surveiller » ce
Cannes-Muret a faxé son rapport aux censeurs de la FFF. Ses
mots sont précis, il affirme entre autres : « Déjà à
la pause de cette rencontre, les deux entraineurs, les deux
capitaines n'ont pas gardé leur sang-froid. M. Rainvile,
l'arbitre a donc décidé d'expulser ces quatre personnes avant
la reprise de la seconde mi-temps. La suite de mon rapport
relate les faits et l'acharnement des joueurs cannois sur le
pompier... »
Bref, le club cannois chargé de
l'organisation de ce match risque une lourde sanction
sportive : une longue suspension de ses installations par
exemple, de ses joueurs et des responsables sans oublier les
pénalités financières qui peuvent également être prononcées.
Quelles que soient les suites qui seront
données à cette lamentable affaire, Cannes est aujourd'hui
traumatisée par la faute d'une poignée d'irresponsables.
Hervé SOMNARD.
Hervé SOMNARD.
Mardi 11 Juin 2002
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