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Mardi 05 Mars 2002  12:00
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« Depuis cette année, notre équipe de nationale 2 ne compte plus de joueurs extérieurs, de mercenaires. Tant pis pour l'éventuel titre mais au moins nous sommes en accord avec notre politique de jeunes... », répète le président de la Ligue corse d'échecs.
Photo Gérard Baldocchi

La répartition des subventions sportives en cause

Léo Battesti, président de la Ligue corse d'échecs, s'élève contre le système d'aides instauré par les collectivités locales. « Privilégions les jeunes plutôt que de pseudo-professionnels... »
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La polémique sur les subventions sportives ne date pas d'hier mais elle a éclaté, presque au grand jour, ces deux derniers mois. La Ligue corse de football, passablement échaudée par les prises de position du président de la Ligue corse d'échecs, Léo Battesti, avait en effet gentiment taclé ce dernier dans un de ces éditos. Lequel n'a pas manqué de répondre.

Si tout est resté dans les limites de la cordialité, le débat s'est pour le moins instauré. Et Léo Battesti souhaite que les élus prennent vite position...

Est-ce que la Ligue d'échecs est jalouse des moyens de la Ligue corse de football ?

Léo Battesti : Pas du tout. Je ne suis pas du tout anti-football et je suis même ravi lorsque le Sporting gagne. Ce que je mets en cause c'est la politique sportive conservatrice qui est conduite dans l'ile. La Corse a besoin d'une révolution des pratiques. Parce que dans les menaces qui pèsent sur les jeunes, le sport est une solution parmi d'autres et les collectivités publiques n'ont pas à subventionner des pratiques bâtardes qui ne font plaisir qu'à des potentats locaux.

Jusqu'à preuve du contraire, le football est le sport qui a le plus de licenciés non ?

- Oui, mais il n'est pas normal que, de manière systématique, un club de football qui monte en CFA par exemple obtienne 8 000 euros de subventions ou quelque chose comme ça. La Ligue des échecs a 3 000 licenciés et 22 870 euros de subventions, plus 7 625 euros pour le fonctionnement.

Ces clubs de football ne sont-ils pas les représentants de l'ile ?

- Encore une fois je ne suis pas contre le football. Et puis côté représentation, nous aussi évoluons dans des championnats nationaux par le Corsica Chess Club de Bastia. Le problème se pose lorsque les subventions servent à payer des joueurs, au niveau amateur ou semi-professionnel.

Est-ce que le Corsica Chess Club n'a pas lui aussi eu ses mercenaires, des joueurs venus du continent ?

- C'était vrai, mais ça ne l'est plus. Justement, nous étions en contradiction avec notre politique de jeunes et nous avons donc arrêté depuis cette saison. On préfère consacrer ces 30 ou 45 000 euros par exemple à la communication à travers notre magazine. Ou encore pour pouvoir faire partir nos équipes de jeunes sur le continent afin de participer à des compétitions. En sacrifiant les mercenaires comme vous dites on s'est peut-être privé d'un titre, mais on travaille sur la base, sur les jeunes. Et je conseille à toutes les autres activités sportives de faire ainsi. A quoi ça sert de pomper tout ce fric ?...

On va encore dire que Léo Battesti exagère.

- En Corse, nous n'osons pas dire tout haut ce que l'on pense. Nous allons mourir des non-dit. Depuis qu'est née cette petite polémique avec la Ligue de football beaucoup de gens m'assurent qu'ils sont d'accord avec mes propos. J'ai une expérience de vie politique, de dirigeant de ligue maintenant, et je m'aperçois que beaucoup de portes restent bloquées. Et encore, grâce à mon expérience politique, j'arrive à avoir une oreille. Mais tout de même, la Ligue d'échecs ce sont 3 000 licenciés donc, 5 salariés et 2 400 scolaires concernés. Pour 152 500 euros de budget. Au regard de la population, c'est un taux de pénétration unique en France. Nous avons des demandes constantes. D'ailleurs, un nouvel intervenant commence cette semaine en Balagne. C'est un jeu qui a survécu depuis des millénaires, un jeu où il n'y a jamais de violence, où l'on respecte son adversaire, où un enfant, marginalisé en classe, peut se sentir valorisé. Ce ne sont pas des valeurs, ça ?

Qu'attendez-vous des élus ?

- Mon cri est : remettons-nous en cause ! Cette année, et nous le saluons, nous avons signé un partenariat avec la ville de Bastia. Mais depuis près de trois ans on intervenait bénévolement dans les classes de la ville. A Ajaccio, nous attendons la signature d'un partenariat identique. Le conseil général de Haute-Corse, lui, nous soutient depuis le départ et son homologue du sud va le faire, mais là où je suis déçu, c'est par la CTC. Et puis ce n'est pas spécialement pour les échecs qu'il faut ouvrir le dossier des subventions, mais pour bien d'autres disciplines. Si on ne traite pas les vrais problèmes ils vont nous éclater à la figure.

Christophe LAURENT)

Mardi 05 Mars 2002

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