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« Depuis cette
année, notre équipe de nationale 2 ne compte plus
de joueurs extérieurs, de mercenaires. Tant pis
pour l'éventuel titre mais au moins nous sommes en
accord avec notre politique de jeunes... »,
répète le président de la Ligue corse d'échecs.
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Photo Gérard
Baldocchi |
La répartition des subventions sportives en
cause
Léo Battesti, président de la Ligue
corse d'échecs, s'élève contre le système d'aides instauré par
les collectivités locales. « Privilégions les jeunes
plutôt que de pseudo-professionnels... »
La polémique sur les subventions sportives
ne date pas d'hier mais elle a éclaté, presque au grand jour,
ces deux derniers mois. La Ligue corse de football,
passablement échaudée par les prises de position du président
de la Ligue corse d'échecs, Léo Battesti, avait en effet
gentiment taclé ce dernier dans un de ces éditos. Lequel n'a
pas manqué de répondre.
Si tout est resté dans les limites de la
cordialité, le débat s'est pour le moins instauré. Et Léo
Battesti souhaite que les élus prennent vite position...
Est-ce que la Ligue d'échecs est jalouse des
moyens de la Ligue corse de football ?
Léo Battesti : Pas du tout. Je ne suis
pas du tout anti-football et je suis même ravi lorsque le
Sporting gagne. Ce que je mets en cause c'est la politique
sportive conservatrice qui est conduite dans l'ile. La Corse a
besoin d'une révolution des pratiques. Parce que dans les
menaces qui pèsent sur les jeunes, le sport est une solution
parmi d'autres et les collectivités publiques n'ont pas à
subventionner des pratiques bâtardes qui ne font plaisir qu'à
des potentats locaux.
Jusqu'à preuve du contraire, le football est
le sport qui a le plus de licenciés non ?
- Oui, mais il n'est pas normal que, de
manière systématique, un club de football qui monte en CFA par
exemple obtienne 8 000 euros de subventions ou quelque
chose comme ça. La Ligue des échecs a 3 000 licenciés et
22 870 euros de subventions, plus 7 625 euros pour
le fonctionnement.
Ces clubs de football ne sont-ils pas les
représentants de l'ile ?
- Encore une fois je ne suis pas contre le
football. Et puis côté représentation, nous aussi évoluons
dans des championnats nationaux par le Corsica Chess Club de
Bastia. Le problème se pose lorsque les subventions servent à
payer des joueurs, au niveau amateur ou semi-professionnel.
Est-ce que le Corsica Chess Club n'a pas lui
aussi eu ses mercenaires, des joueurs venus du
continent ?
- C'était vrai, mais ça ne l'est plus.
Justement, nous étions en contradiction avec notre politique
de jeunes et nous avons donc arrêté depuis cette saison. On
préfère consacrer ces 30 ou 45 000 euros par exemple à la
communication à travers notre magazine. Ou encore pour pouvoir
faire partir nos équipes de jeunes sur le continent afin de
participer à des compétitions. En sacrifiant les mercenaires
comme vous dites on s'est peut-être privé d'un titre, mais on
travaille sur la base, sur les jeunes. Et je conseille à
toutes les autres activités sportives de faire ainsi. A quoi
ça sert de pomper tout ce fric ?...
On va encore dire que Léo Battesti exagère.
- En Corse, nous n'osons pas dire tout haut
ce que l'on pense. Nous allons mourir des non-dit. Depuis
qu'est née cette petite polémique avec la Ligue de football
beaucoup de gens m'assurent qu'ils sont d'accord avec mes
propos. J'ai une expérience de vie politique, de dirigeant de
ligue maintenant, et je m'aperçois que beaucoup de portes
restent bloquées. Et encore, grâce à mon expérience politique,
j'arrive à avoir une oreille. Mais tout de même, la Ligue
d'échecs ce sont 3 000 licenciés donc, 5 salariés et
2 400 scolaires concernés. Pour 152 500 euros de
budget. Au regard de la population, c'est un taux de
pénétration unique en France. Nous avons des demandes
constantes. D'ailleurs, un nouvel intervenant commence cette
semaine en Balagne. C'est un jeu qui a survécu depuis des
millénaires, un jeu où il n'y a jamais de violence, où l'on
respecte son adversaire, où un enfant, marginalisé en classe,
peut se sentir valorisé. Ce ne sont pas des valeurs, ça ?
Qu'attendez-vous des élus ?
- Mon cri est : remettons-nous en
cause ! Cette année, et nous le saluons, nous avons signé
un partenariat avec la ville de Bastia. Mais depuis près de
trois ans on intervenait bénévolement dans les classes de la
ville. A Ajaccio, nous attendons la signature d'un partenariat
identique. Le conseil général de Haute-Corse, lui, nous
soutient depuis le départ et son homologue du sud va le faire,
mais là où je suis déçu, c'est par la CTC. Et puis ce n'est
pas spécialement pour les échecs qu'il faut ouvrir le dossier
des subventions, mais pour bien d'autres disciplines. Si on ne
traite pas les vrais problèmes ils vont nous éclater à la
figure.
Christophe LAURENT)
Mardi 05 Mars 2002
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